Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Bulle de mots le blog de bibun

Les petits riens dérisoires

19 Septembre 2017, 14:52pm

Publié par bibun

Les sentiments ne sont jamais facile à confier, à se donner ou même à trouver, mais il ne faut pas cesser de les chercher, tout finit par arriver... Les plus belles histoires ont pris leur naissance dans le hasard, avec des petits riens et parfois même, seulement du dérisoire.

 

Voir les commentaires

Juste dire

19 Septembre 2017, 14:47pm

Publié par bibun

Juste vouloir dire...
 
Des sentiments que l'on souhaiterait tant offrir, mais les mots ne veulent pas sortir sans pouvoir exprimer ce que l'on peut ressentir, comme si certaines choses ne pouvaient se traduire.
 
Ce n'est même pas mentir, ni même se l'interdire, juste l'impression que les sons restent prisonniers, tout ce que l'on voudrait confier, conter, murmurer... s'en trouvaient enchainés.
 
Ces moments sont une réalité, difficile pourtant de devoir y être confronté, où ces mots se sont absentés nous rendant muet, pétrifié, terrifié... pour tout ce que l'on aurait pu apporter, témoigner ou encore soulager...
 
Des désirs inavoués, une présence qui vient à manquer devenant impossible à combler, des déclarations qui ne veulent pas s'envoler, des je t'aime au creux que l'oreille que la peur rend difficile à prononcer, des regrets que l'on souhaiterait tant s'amender et prendre conscience de ce qui peut nous échapper...
 
Il existe un mot pour toute chose avec lesquelles écrire les plus belles proses, pourtant il existe toujours ce que l'on ne peut exprimer, cette association qui semble à chaque fois échouer avec trop de mots en ordre dispersés, éparpillés, que rien n'arrive à lier et finissent par se diluer, puis s'oublier.
 
Alors tout ce que je ressens, mes mots ne peuvent te le dire, laisse mes gestes te les décrire, mes mains te les écrire et mon regard te les traduire, afin que les plus tendres émotions puissent t'envahir, te faire frémir... pour que chacun des mots que je voulais te dire ne puissent jamais être amenés à mourir.

Voir les commentaires

Sous ce ciel étoilé

17 Septembre 2017, 16:31pm

Publié par bibun

Là où je voudrais t'emmener, des endroits encore ensommeillés que tes yeux n'ont pu te montrer, parce qu'il n'y avait pas les mots pour les réveiller, les animer, les exprimer...
 
C'est un peu comme l'amour que l'on peut ressentir, ce que l'on a pu acquérir, ce que l'on a pu se dire, qui donne à notre coeur cet élan, ce qui fait de nous des courtisans, des amants qui ont fait naître ce désir ardant, brûlant, frissonnant...
 
Alors si ces endroits tu souhaites les partager, les histoires et les légendes je te conterais, que tes yeux puissent s'émerveiller de ces lieux où que ton regard pourra se poser.
 
A la nuit tombée, il y aura ce ciel étoilé qui viendra nous border lorsque le sommeil viendra à nous gagner, quand les nos paupières amoureusement viendront à tomber, lorsque les mots deviendront trop lourds à prononcer...
 
Il sera alors temps de nous rapprocher, sentir la chaleur de nos corps nous réchauffer pour que puisse se confondre nos songes dans nos bras enlacés.
 
Si ces endroits tu veuilles les contempler, si mes mots tu veuilles les écouter, si ces gestes tu veuilles les effleurer, si...
 
Alors il serait peut-être temps d'y aller, je laisse ma main à ta portée pour que ce temps puisse être profitable, admirable, interminable...
 
N'ayons pas d'hésitation, de questions, allons au gré de l'inspiration par notre seule imagination, vers les plus belles destinations...
 
Viens, je t'attends, il est l'heure à présent, alors guette moi à l'horizon avant que le temps ait épuisé toutes les saisons.

Voir les commentaires

Mon unique toi

11 Septembre 2017, 11:44am

Publié par bibun

Ce sens à ma vie
L'avant et le puis...
Ensemble l'envie
Dessinons l'infini
 
Mon unique toi
Peu importe l'endroit
Que tu sois là
Mon unique choix
 
Même sous la pluie
Un seul parapluie
Ta présence qui me suffit
Toi, mon éclaircie
 
Mon unique toit
Quand s'enlacent nos bras
Je t'aime juste comme ça
Mon unique foi
 
Mes lendemains
Dès l'aube, ta main
Et encore du plus lointain
T'embrasser pour rien
 
Mon unique toi
Ici ou là-bas
Toi, près de moi
Mon unique choix
 
Des mots de velours
La caresse du jour
Ma lettre d'amour
Croire au toujours
 
Mon unique toit
Mon ciel d'éclats
Je t'aime dans ma voix
Mon unique choix

 

 

Voir les commentaires

L'ombre entre nos mondes

10 Septembre 2017, 15:25pm

Publié par bibun

Je ne saurais vous dire avec précision comment et quand cela commença. Il aura fallut quelques insomnies pour m'en rendre compte. Ce fut une nuit parmi d'autres. Une nuit, parce que ça se passe toujours la nuit, à l'heure où sonne minuit. Pas à un autre moment, de minuit jusqu'au soleil levant, car après tout reprend sa place initiale, comme cela devrait être.
 
Dans ma chambre à quatre murs avec une large fenêtre, laissant pénétrer la lumière et parfois toute la vie du dehors sur l'un des pans et les trois autres la clôturait simplement. Une pièce possédant qu'une fenêtre ainsi qu'une porte, c'est comme ça qu'elle aurait dû être, sauf quand retentit minuit.
 
C'est seulement à partir de ce moment là, qu'une autre fenêtre juste au-dessus de ma tête apparut à l'opposé de la seule qui aurait dû offrir un tableau vers l'extérieur. Puis surtout à accepter l'improbable, voire surtout l'impossible. Quelque chose qui n'est pas sensé exister. Quelque chose qu'il est à la rigueur possible de rêver. Ce fut d'ailleurs l'une de mes premières pensées, suis-je encore endormi ? Lever la tête et fixer cette petite fenêtre, où s'échappaient du rideau différents contrastes de lumières. Peut-être l'éclairage d'une lampe gênée par des mouvements ou de le passage d'individus. Un téléviseur qui crachait ses images... Mais en tout cas, trahissant d'une présence par les sons ou les voix qu'il me pensait entendre. Dormais-je à ce moment là, quand les les premières lueurs de l'aube s'invitèrent dans ma chambre. Il suffit de ce bref moment d'inattention à regarder le ciel au-dehors s'éclaircir, pour découvrir à nouveau que ce mur sans fenêtre n'en posséda toujours pas.
Je restais allongé sur mon lit à fixer ce mur bâti de briques, cette muraille, sans fenêtre, sans brèche ni même une lézarde en son sein. Qu'avais-je vraiment vu ? Peut-être dans cet instant entre rêve et réveil, où les songes se superposent à la réalité, mais laissant l'esprit en état de choc. Cet état de frustration entre pensées insensées et raisonnables, entre certitudes et doutes, entre curiosité et craintes. Derrière la curiosité cela serait admettre la véracité et derrière la crainte, que quelque chose ou quelqu'un se trouvaient forcément de l'autre côté.
 
Combien y eut-il de nuits de profond sommeil sans la voir ? Combien de nuits à rester éveillé sans qu'elle n'apparaisse et ainsi me rassurer ? Y a t-il quelqu'un ou quelque chose qui m'observa durant la vulnérabilité de mon être endormi, totalement soumis à l'improbabilité de la vie, qui continuait à se poursuivre et ce, peu importe la parenthèse que l'on pouvait s'accorder. La seule façon d'éliminer les hypothèses afin d'obtenir des certitudes, ce fut d'attendre la prochaine nuit. Y aurait-il encore une fenêtre accrochée sur mon mur ? N'y aurait-il rien de plus que le fruit de mon imagination ? Il me fallut attendre jusqu'au prochain coucher de soleil, que le calme de la nuit borde ma chambre et que je patiente simplement jusqu'à cette nouvelle vision proposant une vue sur un autre quelque part ou tout ne voir seulement le jour une nouvelle fois se lever.
 
Puis il y eut cette nouvelle nuit qui confirma ce rêve ou ce cauchemar éveillé, parce qu'après tout comment la qualifier. Il y eut également ces suivantes, avec à minuit, l'apparition de cette incroyable fenêtre, parce que je ne sais plus au cours de quelle nuit je pris le temps de regarder l'heure. S'en suivirent toutes ces autres qui se répétèrent inlassablement. A minuit, jusqu'à ce que le jour se lève en laissant un mur totalement lisse, sans rien d'autre à fixer que son uniformité. Au début, ce ne fut que de l'observation de loin, fallait-il s'en inquiéter de cette vie qui sembla en transpirer ? Car il y avait bien quelque chose de l'autre côté. Ces ombres et ces lumières qui dansaient par intermittence. Ces moments plus calme où ne se diffusait plus qu'une infime lueur, était-ce la pâle lumière d'une lune ou bien une veilleuse laissée allumée. Il y avait bien quelque chose derrière cet autre côté qui ne devait pas sensé exister. Parfois même des bruits étouffés, peut-être par le verre qui nous séparait ou était-ce simplement le délire d'une grande frayeur nocturne, à trop vouloir écouter au-delà du possible. Est-ce que cette fenêtre pouvait être visible des deux côtés ou seulement du mien ? Avait-on pris attention de l'autre côté de ma présence ? A combien de nuits pourrais-je encore résister avant que la fatigue me rende complètement vulnérable à la possibilité que quelque chose n'apparaisse ou ne pénètre ? Je ne pus rester comme cela, simplement attendre que ça se passe. Il me fallut découvrir ce que ce nouveau monde put me réserver, confiance ou hostilité. Mais surtout le plus important, connaître les raisons de ce phénomène.
 
Une phrase me vint à l'esprit ce soir là, quand je pris conscience qu'il me fallut découvrir le fin mot de l'histoire, parce que l'incertitude ne put en être une réponse, pouvoir tout imaginer et bien souvent le pire. Cette phrase si souvent entendu et sans véritablement en connaître le sens, puisqu'il faut surtout y être confronté pour la comprendre, c'est l'instinct de survie. Je ne pourrais expliquer comment elle s'est imposée à moi à ce moment. Est-ce que j'étais véritablement en danger ? Peut-être pas. Toutefois le sentiment d'insécurité parvenait à m'envahir. Qu'est-on vraiment prêt à réaliser pour se défaire d'une éventuelle menace à laquelle on se sentirait confrontée. La réponse je n'aurais pu me l'imaginer dans d'autres circonstances, mais à présent tout est différent. Tout se pense en à peine quelques secondes, même les gestes se font naturellement, lentement, néanmoins avec aisance. S'avancer, s'éloigner, revenir, changer d'angle, trouver la meilleure visibilité à pas feutrés, afin de ne pas se faire repérer, ne serait-ce que pour avoir l'avantage. Cet avantage qui rassure, qui permet d'anticiper même en terre inconnue, mais avant tout d'en évaluer la menace. Ma meilleure stratégie fut d'attendre les toutes dernières minutes, juste avant que le jour se lève, ce qui constituerait un retrait en toute sécurité, puisque la fenêtre disparaîtrait. L'attente fut longue, les minutes désespéraient à s'écouler les unes derrières les autres, comme quoi la perception du temps diffère selon les événements que l'on vit, plaisant ou déplaisant, qui donnera l'impression que celui-ci passe plus ou moins vite, alors que se conservera toujours le même rythme. Puis l'instant fut enfin venu, cinq petites ou longues minutes avant l'entracte, tout dépendra de ce qu'il se découvrira. Je partis de l'un des bouts du mur, avançant à petits pas, mon épaule le frôlant parfois, mais mon regard ne parvenait pas à se détacher de la fenêtre. J'eus cette étrange impression de ne pas réussir dans le délai imparti, qu'arrivé à sa hauteur, elle aurait disparu. Mon coeur accélérait à mesure que je me rapprochais, je parvenais même à l'entendre cogner et penser, va-t-il s'arracher de ma poitrine ou simplement s'arrêter de terreur. J'y étais presque, quelques centimètres, enjamber le lit sans le faire grincer. Je laisse glisser mon visage contre le bord, je commence à voir. Il y a un rideau gris translucide, mais je peux enfin distinguer ce qu'il se dessine sous mes yeux. Puis d'un coup une tâche accapare mon regard, qui disparaît. Il y eut quelqu'un qui m'observa aussi... Puis la fenêtre s'effaça et redevint mur. Mais la nuit prochaine...
 
Il y eut bien cette ombre cachée de l'autre côté, à m'observer comme je voulus le faire. Depuis combien de temps ? J'eus ma première réponse, la fenêtre n'est pas non plus à sa place de l'autre côté. Alors suis-je devenu une menace ? Cela ne put durer plus longtemps, continuer à redouter l'inconnu, accumuler encore d'innombrables nuits sans sommeil qu'il ne sera bientôt plus facile d'accuser. Penser à l'éventualité de plier bagage, mais sans avoir l'assurance que la fenêtre entre les mondes ne me pourchasse pas ailleurs. Je ne pus avoir d'autre alternative que de poursuivre mes investigations, avoir une vision plus approfondie sur ce qu'elle put bien exposer. Et peut-être que de cette manière apporter un début de solution, mais surtout acquérir cette tranquillité d'esprit, puisque les choses ne se redoutent pas lorsque l'on sait à quoi s'attendre. Puis vint la nuit suivante, celle que j'espérais être celle des révélations, parvenir à comprendre le phénomène qui se répéta inlassablement soir après soir. Les heures du jour furent longues à égrainer, à être resté adossé contre le mur, juste en dessous, sans avoir pu bouger de la journée, à imaginer la façon de procéder et découvrir une fois pour toute qui ou quoi se cachait de l'autre côté. Toute cette journée qui me conduisit finalement à échafauder le même plan que la veille, patienter jusqu'aux cinq dernières minutes, certainement la seule manière sûre d'avoir un plan de repli au cas où.
 
Voilà j'y suis, le moment tant attendu et redouté en même temps. Je regarde l'heure du radio réveil, juste à côté de mon lit, un peu plus loin sur ma droite. Il m'annonce cinquante-quatre, la dernière minute avant de me relever, jeter un nouveau coup d'oeil quitte à ouvrir délicatement la fenêtre pour mieux voir, écarter le rideau permettant d'avoir une meilleure visibilité de l'ensemble, plutôt que de le deviner en m'attardant sur chaque chose. Cinquante-cinq, ça y est. Je me relève tout doucement, péniblement, les membres endormis par de si longues d'attente. Je m'arrête, ne bouge plus, ma respiration se bloque, puis s'accélère. Il y a un bruit, juste au-dessus de ma tête. C'est la fenêtre, je sais que c'est elle, qu'est-ce que ça pouvait être d'autre. J'entendis ce coulissement timide, à peine perceptible, peut-être parce que je me trouvais dessous. Nous avons la même tactique putain ! Voilà la pensée que je possédais sur le moment, avant que ne s'en suive un florilège d'insultes bien fleuri avec lequel m'incendier. Comment aurait-il pu en être autrement, car chacun remarqua la présence de l'autre et forcément, chacun voulu découvrir à quoi il pouvait être confronté. Je dus agir dans l'urgence, reprendre l'avantage, ce fut sans compter sur l'instinct de survie, cette adrénaline qui multiplie les actions ainsi que les pensées. Je me trouvais juste en-dessous, mais ça personne ne le su, mis à part moi-même, puisque l'accès entre les deux mondes ne se matérialisait pas encore. Je me retournais avec beaucoup d'aisance, ma face à quelques centimètres du mur et je relevais les yeux vers cette lucarne. Je vis cette ombre s'étaler au plafond par la lumière diffuse de cette autre endroit. J'aperçus la vitre coulisser, presque flottée comme un flocon de neige tant sa vitesse fut lente, trahie aussi par ce son à peine audible. Il fallut quelques minutes pour qu'elle s'ouvre entièrement. Combien de temps ? Je l'ignorais, il m'eut été impossible de le savoir, il aurait fallu que je me retourne une nouvelle fois. Combien de temps restait-il ? Plus beaucoup ce fut certain. Des mains apparurent sur le rebord, l'instinct de survie fit le reste. Je me relevais d'un seul coup, peu importe les risques, je devais savoir. Et là, le recul, le choc auquel je ne m'attendis pas, une autre vision de même dans l'encadrement. Il y eut la même réaction de l'autre côté, un bruit sourd s'en suivit juste avant que la fenêtre disparaisse encore une fois.
 
Cela ne put être un rêve, j'en étais plus là. J'avais encore en mémoire l'image de l'autre côté, de quelqu'un presque semblable à moi avec des cheveux un poil plus long, mais ce fut bel et bien une copie de moi-même. Bien évidemment que j'eus songé à énormément de probabilités, néanmoins hormis celle-ci. La peur disparue, très probablement parce que je sus à quoi ou plutôt à qui j'eus été confronté. Toutefois, elle fut remplacée par un flot continu de questions qui me fila une migraine magistrale. La prochaine nuit éclaircirait sûrement certaines de ces interrogations ou peut-être pas, parce l'individu de l'autre côté du miroir fut tout aussi surpris que moi, à retenir cette même réaction que nous eûmes lorsque nous nous découvrîmes et sa probable chute qui s'en suivit, sans néanmoins le voir, juste avec l'interprétation du bruit qui retentit jusqu'à mes oreilles. A présent, peut-être arriverais-je à dormir un peu. Sentir cette fatigue qui m'envahit, peut-être le contre coup de l'adrénaline. Un petit somme qui me séparera un peu de l'attente, jusqu'à la prochaine nuit.
 
Mes yeux s'ouvrirent péniblement, presque suppliant de leur accorder un peu de sommeil supplémentaire, après tant de nuits qui se sont vues sacrifiées. Mes paupières engagèrent une lutte de chaque instant pour ne pas rester closes. Ce fut sans compter ce point d'équilibre permettant d'être conscient de la visibilité qu'il put avoir autour de moi. Cette étrange lueur douce qui irradiait la pièce, ne venant pas d'une lampe, pas plus que de la lumière du soleil. Est-ce la lune qui m'éclaire ? Mais quelle heure se fait-il ? Ce fut cette voix qui me fit tressaillir, qui répondit à mes questions. Je ne pus faire qu'un bond dans mon lit, pour lever ma tête et presque m'imaginer en même temps, voir mon coeur projeté au plafond par une telle puissance de peur, qu'il ne put que s'étaler complètement sur la surface et devenir qu'une immonde matière visqueuse.
- Tu as de la chance d'avoir réussi à dormir. Moi je n'y suis pas parvenu. Raisonna cette voix derrière moi avec cette terrifiante sensation de s'écouter soi-même.
Puis il y eut un long silence, qui me permit de reprendre ma respiration, tout en me tenant la poitrine pour réaliser que je n'avais pas besoin de décoller mon coeur du plafond.
- Vraiment désolé, je ne voulais pas te faire peur, s'excusa-t-il avec un léger soupçon de crainte dans son timbre.
Je pensais surtout qu'à ce moment précis, personne ne fut vraiment rassuré par l'autre. Encore un long silence de ma part, peut-être pour rassembler mes pensées vomies qu'il me fallut ramasser et remettre en ordre.
- Tu me comprends ? Parles-tu ma langue ? Demanda-t-il un peu inquiet de ne pas avoir de retour de ma part.
- Heu Hum... Heu oui je veux dire, je te comprends, pas de soucis. Faut juste que la pression retombe, tu m'as donné un de ces flippes, j'ai cru crever ma race. Sans réfléchir mes mots sortirent tout seul. Fussent-ils dans l'ordre, cohérent, peu importe, juste le besoin d'évacuer quelque chose.
- Je n'ai pas tout a fait compris, mais c'est un bon début, je pense en avoir deviné le sens.
- Désolé, je ne m'étais pas attendu à cet instant. Du moins un peu, mais je pensais surtout être éveillé pour notre nouvelle rencontre.
- C'est à peu près dans ce sens là que je l'avais interprété. Poursuivit-il avec un léger sourire qui permit tout de suite de rendre l'atmosphère beaucoup plus sympathique et conviviale.
Je lui souris en retour et s'en suivi un retentissant fou rire de part et d'autre. Certainement notre façon de lâcher prise en évacuant toute cette peur que nous avions pu ressentir trop longtemps.
 
Ce fut de cette manière que nous fîmes connaissance, le plus naturellement du monde, nouant au fil du temps une belle complicité au travers de nos discussions nocturne. Au départ, souvent nous évoquâmes cette fenêtre qui nous séparait et en même temps rapprochés, plus que nous ne l'avions probablement imaginé. Je pense encore aujourd'hui, que jamais ne n'en trouvâmes l'explication, peut-être parce que nous vivions tous les deux au même endroit et que cela a pu causer une collision de l'espace temps. Mais ce ne fut qu'un peut-être qui nous fît plus d'une fois rire. Nous partageâmes soir après soir des histoires sur nos univers respectifs. Les différences de narration pour parler d'un même sujet, car nous ne possédâmes pas la même définition afin de l'expliquer. Parfois cela amena quelques incompréhensions lors des récits qui transpirèrent très vite en d'autres et merveilleux fou rires. Physiquement, nous fûmes pratiquement le miroir l'un de l'autre, toutefois, nos pensées, nos philosophies de vie ou nos rêves possédèrent une différence appuyée. Très certainement par nos mondes qui n'évoluèrent pas du tout de la même manière, puisque nos héros ou nos références historique n'existaient que d'un seul côté de notre fenêtre. J'aimais sa façon poétique de narrer les choses les plus simples, de la voileuse et des lampions du ciel, des pointes d'Egypte qui n'ont jamais été ensevelies par les paillettes d'or du désert, les étendues de verre polaire dans les terres gelées... peut-être fussent à cause de ces nouveaux mots qui n'apparurent pas dans notre langage. Je pouvais également sentir de la réciprocité à l'entendre m'écouter, peut-être pour les mêmes raisons.
 
A chaque soirée, son florilège de merveilles, où une vie ne saurait être suffisante pour apprendre chacun de nos mondes. Mais nous prîmes seulement du plaisir à expliquer ce qui put être important à nos yeux, à enchanter ce temps accordé, car nous eûmes à l'esprit, que tout pourrait s'interrompre au prochain lever de soleil, aussi facilement que cela débuta. Nous trouvâmes notre rythme sans nous forcer, à patienter jusqu'à la réapparition de notre espace croisé, seulement quelques heures par nuit. Peut-être parce qu'il se vivait les mêmes émotions, cette même longueur d'onde avec laquelle communiquer et se comprendre sans avoir besoin de tout s'expliquer. Une complicité qui naquit si naturellement, un peu comme si se partagea déjà toute une vie de souvenirs. Chacun de nous apprécia la présence de l'autre au travers de son propre espace, cette merveilleuses fenêtre entre nos mondes. Même s'il pu s'imaginer un jour passer l'un ou l'autre dans le monde du voisin, juste être ce globe trotteur en terre étrangère, curieux de découvrir la vie d'ailleurs, les légendes d'autrefois ainsi que les coutumes d'aujourd'hui. Or, personne ne tenta l'aventure, très probablement par peur, puisque que se passerait-il après le passage de l'un ou de l'autre dans le monde qui ne fut pas le sien. Si la fenêtre disparaissait juste après ça, où l'un ou l'autre devrait faire le deuil de son propre espace temps, tout ce qu'il posséda. Même si l'envie sembla nous tenter à chaque fois, aucun de nous n'aurait pris le risque de mettre en péril sa propre existence. Le coeur a ses raisons, mais la peur possède également les siennes, que la raison sait certainement mieux écouter, même si les peurs ne sont pas toujours raisonnables. Je me souviens encore de cette nuit, où nous nous confiâmes nos pires craintes, hormis bien sûr de perdre une personne proche. Celles qui donnent parfois des cauchemars, celles qu'on tente de laisser de côté quand l'esprit s'y attarde, ou encore celles qu'on s'imagine où il n'y a jamais de fin heureuse. Cette conversation me laissera toujours son empreinte, qu'il me sera impossible à oublier, puisque ce fut l'une de ces peurs qui fit disparaître au regard de l'un, l'existence de l'autre.
 
Allongés l'un et l'autre sur nos lits, que nous positionnâmes juste en dessous de la fenêtre, ce qui nous permit quelquefois de discuter jusqu'à ce que le sommeil vienne nous emporter. Cette nuit là, ce fut très certainement pour une toute autre raison, que nous discutâmes dans nos lits, pour se rassurer et ne pas voir dans le regard de l'autre, le reflet de notre propre peur.
- C'est quoi ta plus grande peur dans ton monde ? Me questionna-t-il lors de cette veillée là.
- Euh, laisse-moi un instant pour que je le sache moi-même. Répondis-je en souriant. Juste le temps d'y songer, faire le tri aussi par ordre d'importance, puisqu'une réponse peut changer au cours d'une vie. Une crainte passée peut être effacée par une plus importante et ce fut le cas cette nuit là. Je pensais tout d'abord aux maladies dans le monde, devenant de plus en plus résistantes et qu'un jour il puisse avoir un virus, qu'aucun médicament ne parvienne à arrêter, causant une extermination sans précédent de la race humaine. Puis il y eut l'autre à laquelle je pensais, tout aussi néfaste que la première, mais était à ce moment plus importante, car plus actuelle et d'autant plus lorsqu'elle est aveugle, pouvant frapper à tout moment.
- Ma plus grande crainte dans mon monde, c'est cette guerre de religion, quelle qu'elle puisse être et ne justifiant ses actes qu'au travers d'un simple nom. Ce peu importe qui l'on massacre afin que sa religion devienne unique à la face de la terre.
- C'est quoi au juste une religion ? Demanda-t-il, parce qu'il ne sembla ne pas comprendre le sens de ma réponse.
- Vous n'avez pas de religion dans votre monde ? M'empressais-je de le questionner surpris.
- Je ne sais pas. Il faudrait que tu m'expliques ce qu'est une religion, parce que nous n'utilisons peut-être pas le même vocabulaire pour parler d'une même chose.
- La religion est une croyance en une divinité, vous n'en n'avez pas chez vous des Dieux ?
- Si bien entendu, par centaine même et certainement beaucoup plus, je ne connais pas forcément toutes les croyances des différentes contrées.
- Et vous n'avez pas de guerre de religion avec vos multitudes de divinités ?
- Personne ne se permettrait de déclencher une guerre au nom d'une croyance. Il y a beaucoup de respect pour chacune d'entre elles et quiconque ne voudrait subir le châtiment d'une autre Déesse ou Dieu en représailles. Nos croyances sont quotidiennes et nous les remercions chaque jour pour ce qu'ils nous témoignent. Il doit probablement exister une divinité pour chaque chose, le jour, la nuit, le foyer, la nature, les animaux... Peu importe qu'elle ou il ne soit pas la ou le même d'une contrée à une autre, parce que les croyances de chacun ne peuvent que se respecter pour ne pas susciter leur colère.
- C'est fascinant ce profond respect. En tout cas ici ça n'existe pas du tout ici. Lui répondis-je catégorique.
- Maintenant je comprends mieux vos guerres de religions, mais comment vous pouvez croire en quelqu'un s'il est si facile d'exterminer celui qui ne pense pas comme vous ? Ça ne peut même pas être de la considération, ni du respect envers vos Dieux, puisque vous profanez leur propre nom.
- Je ne peux pas te donner tord, il y aurait tant à dire sur le sujet. En tout cas j'aime votre philosophie de croyance. Le complimentais-je sur leur si belle culture du respect d'autrui. Et pour toi, y a-t-il des peurs que tu peux ressentir ?
- Pour ma part, je pourrai répondre sans hésiter un seul instant, peut-être comme tu le disais si bien, c'est quelque chose de trop habituel et que tout le monde redoute ici. C'est le silence, lâcha-t-il t-un ton las.
- Je suppose que la solitude doit être plus prononcé dans ton univers que dans le mien, même si par chez moi, d'années en années elle grignote du terrain et que nous nous isolons de plus en plus, par peur de l'autre, de tout ce que l'on peut voir ou entendre à l'actualité. Apportais-je ma réponse d'un même ton résigné.
- Non je ne parlais pas de ce silence là, mais plutôt du grand silence. Parce que le phénomène de la peur de l'autre n'existe pas trop ici. Nous nous parlons les uns avec les autres, nous nous entraidons ou même partageons volontiers. Réfuta-t-il aussitôt mes propos.
- Alors de quel sorte de silence parles-tu ? C'est certainement une autre expression pour désigner tout autre chose ? Demandais-je curieux.
- Ce grand silence est... Je ne saurais même pas comment le qualifier, mais il t'emporte en seulement trois jours.
- C'est quoi, une sorte de maladie ? Approfondis-je un peu plus le sujet.
- Je ne pourrais même pas dire que c'est une maladie, puisque ce ne sont pas des symptômes normaux que l'on puisse soigner, mais je vais mieux m'expliquer. Le premier jour tu t'aperçois que tu ne possèdes plus d'ombre de toi même, peu importe la luminosité. Le deuxième jour plus aucun son n'émane de toi, pas même le son de ta voix. Et le troisième jour, tu disparais complètement, comme effacé, tu n'existes plus.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? C'est totalement ahurissant ce que tu me racontes, sans bien sûr remettre en question ce que tu as pu me confier. C'est juste que je n'ai jamais entendu parler d'un truc pareil jusqu'à maintenant. Mais dis-moi comment ça se propage ?
- Personne n'a la réponse à ta question. Beaucoup se sont penchés dessus et ont tenté de percer le mystère, toutefois sans succès jusqu'à ce jour. Cela peut toucher tout le monde, n'importe qui et n'importe quand, sans que cela se propage aux proches touchés par le silence. Le pire c'est cette impuissance, voir ces personnes disparaître du jour au lendemain, sans savoir ce qu'elles deviennent et devoir apprendre à faire un deuil impossible, parce que le corps n'est plus là et qu'il n'y a jamais eu de retour d'une personne déjà effacée. C'est un drame avec lequel il faille apprendre à vivre. Fort heureusement, je n'ai jamais été touché personnellement avec un proche qui ait succombé au grand silence. Mais à maintes reprise j'ai pu voir ces profondes meurtrissures dans les yeux des personnes qu'il m'ait été amené de croiser jusqu'à maintenant, des amis, des voisins ou des connaissances. Je crois que les personnes qui l'ont vécu sont tout aussi effacées que celles qui ont vraiment disparues, car comment surmonter l'invisible. Sont-elles mortes, vivantes ? Comment vivre normalement après ça ?
 
Liam eut la bonne formulation, car comment vivre normalement après ça ? Liam, c'est comme cela qu'il s'appelait, je ne l'avais pas nommé jusqu'à lors. Il s'appelait Liam, au passé, parce qu'à son tour, après de très nombreux soirs depuis sa terrifiante histoire sur le grand silence, il prit également possession de lui.
 
Ce premier soir, je fus surpris de voir notre fenêtre apparaître et que celle-ci fusse fermée. Je me souvins d'avoir frappé quelques coups contre le carreau et sans réponse de sa part, je la fis glisser pour voir s'il allait bien. Je le découvris allongé sur son lit, silencieux, jouant avec sa lampe de chevet, passant à maintes reprises sa main devant la lumière pour tenter de faire étaler son ombre sur le plafond de sa chambre. Seulement elle n'y eut absolument rien. Liam, je suis là. Je suis désolé. Se sont les seuls mots que je parvins à prononcer cette nuit là. C'est bien la dernière chose à laquelle je m'attendais à être confronté un jour et que cela touche de quelqu'un de si proche, parce qu'il était devenu un frère, un frère jumeau. Il leva la tête vers moi, me sourit, même si ses yeux transpiraient la terreur, mais il ne voulut pas me l'imposer. La seule chose qu'il me demanda, c'est de le laisser parler toute la nuit. Qu'au lendemain, se soit mon tour, puisque lui ne pourrait plus, juste pour ne pas laisser gagner le silence.
 
Le deuxième soir, je respectais ma promesse en lui racontant tout comme lui, tout ce qu'il put me passer par la tête, mes souvenirs ainsi que les nôtres, nos rires également jusqu'à ce la fenêtre disparaisse au lever du jour. Ce fut douloureux, car je sus aussi que cette nuit là, sa voix ne put plus s'entendre.
 
Au troisième soir, il y eut seulement le silence. Une chambre sans plus aucun bruit ni aucune présence. Liam disparut. Il n'y eut que ma seule lumière pour éclairer nos deux mondes. Tandis que mes larmes coulèrent, il n'y eut qu'une pensée qui me hanta, comment vivre normalement après ça ?
 
Au quatrième soir, la fenêtre s'effaça à son tour et plus jamais ne vint se distinguer sur mon mur.
 
Très longtemps encore après ce jour, j'attendis inlassablement cette même heure où nos deux mondes durent se retrouver. Aujourd'hui encore il m'arrive d'y songer, mais se sont surtout des questions sans réponse qui parviennent toujours à me posséder. Si lui ou moi avions un jour traversé la fenêtre, que se serait-il passé ? Serions-nous restés prisonniers de nos univers ? Est-ce que le grand silence a pu s'inviter dans mon monde ?
 
Toi qui me lit, qui découvre mon histoire, est-ce que ton ombre est encore là ? Chaque jour je vérifie la mienne, il n'y a que comme cela qu'on le saura...
 

 

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 > >>