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Bulle de mots le blog de bibun

Les plaines d'herbes bleues

12 Février 2014, 10:01am

Publié par bibun

Un seul être vous manque et tout semble dépeuplé, triste réalité. Il y a des dictons que seul l'âge peut nous faire comprendre, pour cela, il suffit d'avoir entassé suffisamment de souvenirs. Pourtant le temps ne s'arrête pas pour autant, les aiguilles continuent inlassablement de tourner et les grains du sablier n'ont pas cessé ni ne cesseront de tomber.


Parfois on peut ressentir tellement de mélancolie, que l'on peut préférer rester en retrait, se dire que ça ira mieux quand ce que l'on peut chèrement souhaiter finira par se réaliser. Or, la vie ne se pliera jamais à nos quatre volontés, apprendre à nous satisfaire du bon, mais également du mauvais. Nous faire prendre conscience de la légitimité des mots, comme apprécier ou posséder. L'argent ou la course à la popularité peut donner cette impression de tout maîtriser, le sentiment d'arrogance ou de supériorité. Il est sûrement bon de toujours se demander que sans tous ces artifices, y aurait-il toujours cette même clameur de la part de ces "gens".


Il est possible de se noyer dans ses propres larmes, un courant trop fort qui chaque jour peut nous pousser un peu plus à s'éloigner, jusqu'à devenir imperméable à toutes les attentions qui peuvent nous êtres témoignées, juste parce qu'il nous manque celles que l'on aurait tant désirées.


Un jour quelqu'un m'a dit que l'herbe pouvait être bleue et cela m'a fait sourire. Pour quelle raison ne le serait-elle pas, posséder ce petit brin d'imaginaire. Alors il se peut qu'à un moment donné de sa vie, on comprenne et l'on puisse voir à son tour à quoi ressemble cette herbe bleue. Il est possible de croire que l'herbe bleue est plus chatoyante ailleurs, alors il suffit peut-être de s'éloigner, traverser son propre désert pour se rendre compte de ce qu'il peut manquer. Le chagrin a cette facilité de parvenir à peindre de sombre toute chose sur lesquelles les yeux peuvent se poser et les enlaidir. Pourtant rien a changé, on ne sait seulement plus voir, peut-être d'avoir cru à tort que tout ce qui vit peut se posséder.


On peut avoir le sentiment de marcher le long de décors complètement dévastés, car le sombre a su nous étourdir, mettant l'accent sur ce qu'il peut nous manquer et occulter tout le reste. Pourtant rien n'a vraiment changé, un monde dévasté peut cacher une terre encore fertile. Peut-être que d'attendre de voir apparaître les premières pousses de cette herbe bleue, attisera une fois encore l'imaginaire pour donner l'envie de tout rebâtir. Chacun à un moment donné doit traverser son propre désert, se rendre compte que derrière ce qu'il peut cruellement nous manquer, prendre suffisamment de hauteur pour apercevoir celles et ceux qui sont restés, parce que nos pas dans ce désert nous a beaucoup trop éloignés.


Il y a peut-être une raison derrière les mots noircis ou de garder une part d'ombre, peut-être être ce bonhomme sombre visible à l'horizon, le point cardinal pour guider le chemin du retour.


Il est possible de se faire pardonner ses silences, quand il y a cette volonté de les expliquer et de chercher à s'en amender.


Même si parfois on peut avoir le sentiment de s'être trop longtemps éloigné, que l'on ne sait pas toujours comment revenir ou se manifester. Les choses auront forcément changé, mais qui n'essaie pas ne le saura jamais. Et même si le peu il doit rester, il n'y aura personne à blâmer. Il faudra composer avec les regrets, mais la vie est aussi ainsi faite. Ce n'est pas la quantité qui fait la richesse, c'est la qualité qu'il nous sera donné de pouvoir réaliser. Et s'il était l'heure de rentrer ?


Peu importe la couleur que tu souhaites donner à l'herbe, elle peut s'illuminer de mille et une manières. As-tu envie de voir aussi ces plaines d'herbes bleues ou d'une autre couleur, agitées par le vent, dessinant par métaphores nos anciens sentiments.

Les plaines d'herbes bleues

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