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Bulle de mots le blog de bibun

Frères d'éternité

18 Avril 2015, 21:12pm

Publié par bibun

Frères d'éternité

J'avais besoin de cette pensée, t'écrire tout ce que je n'aurais plus l'opportunité de te dire, même si j'ai compris beaucoup de choses. J'ai énormément changé lors de cette dernière année, j'ai avancé tout en restant proche, parce que je suis comme ça, je ne n'oublie rien ni personne, d'où je viens et qui je suis vraiment, celui que je veux être, à contre courant des autres et continuer à marcher dans tes pas. Tu n'es pas seul mon vieux frère, ni maintenant, ni jamais, car mes histoires sont riches de chacun, tout comme les tiennes, toi mon ami indéfectible.

Il me manquait cette pièce de puzzle pour pouvoir comprendre, aujourd'hui, j'ai tout compris, tes absences, tes silences, tes choix... Je pense que dans les mêmes circonstances, j'aurais pris la même route que toi. Seulement, je suis encore là, j'ai toujours ce feu en moi, peu importe que nos chemins n'ont pas raisonné d'un même pas, parce que je l'ai compris, mais même éloigné, je reste à tes côtés, par mes pensées, toi que je ne cesserai jamais d'accompagner.

J'ai souvenir de nos dernières retrouvailles, où je me suis rendu compte que quelque chose était différent, l'attitude et les mots qui n'étaient pas à leur même place que d'habitude. A ce moment, je n'avais soulevé aucune question, parce qu'il y a ces réponses que l'on redoute de découvrir. Je m'en excuse mon vieux frère, ça sera ma repentance, mais aujourd'hui, il n'y a plus de secrets entre nous, je suis là, comme toujours et bien au-delà. Tu n'es pas seul mon vieux frère, je sais déjà tout que cela t'a déjà coûté, je l'ai compris, sache le.

Tu ne vas pas me manquer vieux frère, ta présence indéniablement, mais ta lumière ne cessera jamais de briller dans mes mots, la façon que j'aurais de te raconter, parce que jamais je ne t'oublierai. Ton phénix continuera à irradier et prendra cette valeur infinie d'avoir été transmis par un personnage extraordinaire, généreux et lumineux. Il y a des souffrances qu'il n'est plus utile de s'infliger, lâche prise mon vieux frère, je suis là comme je l'ai toujours été. Laisse moi te raconter l'histoire des plaines d'herbes bleues, qui vont se dessiner sous tes pieds, là où tu vas courir, là où il n'y aura plus doute ni souffrance. Là où beaucoup t'attendront, là où on se retrouvera un jour prochain, parce que nous nous retrouverons forcément, il ne pourra en être autrement.

Je m'en retournerai à ce petit banc d'autrefois, pour toi, parce que l'infini commence toujours là où tout a débuté. J'aurais cette neuvaine à bouddha avec moi, que je brûlerai pour toi, toi que j'aime comme un frère, parce que nous avons partagé bien plus que nos univers. Ferme les yeux mon vieux frère, laisse-toi glisser comme ce lourd sommeil auquel on ne résiste pas et remémore-toi chacun de mes mots. Tu sauras alors que je suis là, comme avant, rappelle-t-en. Alors tu sais que je suis encore là maintenant et au-delà. Il n'y aura jamais ce vide en moi, car il y aura toujours ce toi qui m'accompagnera. Encore et toujours. Encore et toujours. Encore et toujours... Car je suis ce conteur d'histoires.

Un seul être vous manque et tout semble dépeuplé, triste réalité. Il y a des dictons que seul l'âge peut nous faire comprendre, pour cela, il suffit d'avoir entassé suffisamment de souvenirs. Pourtant le temps ne s'arrête pas pour autant, les aiguilles continuent inlassablement de tourner et les grains du sablier n'ont pas cessé ni ne cesseront de tomber.

Parfois on peut ressentir tellement de mélancolie, que l'on peut préférer rester en retrait, se dire que ça ira mieux quand ce que l'on peut chèrement souhaiter finira par se réaliser. Or, la vie ne se pliera jamais à nos quatre volontés, apprendre à nous satisfaire du bon, mais également du mauvais. Nous faire prendre conscience de la légitimité des mots, comme apprécier ou posséder. L'argent ou la course à la popularité peut donner cette impression de tout maîtriser, le sentiment d'arrogance ou de supériorité. Il est sûrement bon de toujours se demander que sans tous ces artifices, y aurait-il toujours cette même clameur de la part de ces "gens".

Il est possible de se noyer dans ses propres larmes, un courant trop fort qui chaque jour peut nous pousser un peu plus à s'éloigner, jusqu'à devenir imperméable à toutes les attentions qui peuvent nous êtres témoignées, juste parce qu'il nous manque celles que l'on aurait tant désirées.

Un jour quelqu'un m'a dit que l'herbe pouvait être bleue et cela m'a fait sourire. Pour quelle raison ne le serait-elle pas, posséder ce petit brin d'imaginaire. Alors il se peut qu'à un moment donné de sa vie, on comprenne et l'on puisse voir à son tour à quoi ressemble cette herbe bleue. Il est possible de croire que l'herbe bleue est plus chatoyante ailleurs, alors il suffit peut-être de s'éloigner, traverser son propre désert pour se rendre compte de ce qu'il peut manquer. Le chagrin a cette facilité de parvenir à peindre de sombre toute chose sur lesquelles les yeux peuvent se poser et les enlaidir. Pourtant rien a changé, on ne sait seulement plus voir, peut-être d'avoir cru à tort que tout ce qui vit peut se posséder.

On peut avoir le sentiment de marcher le long de décors complètement dévastés, car le sombre a su nous étourdir, mettant l'accent sur ce qu'il peut nous manquer et occulter tout le reste. Pourtant rien n'a vraiment changé, un monde dévasté peut cacher une terre encore fertile. Peut-être que d'attendre de voir apparaître les premières pousses de cette herbe bleue, attisera une fois encore l'imaginaire pour donner l'envie de tout rebâtir. Chacun à un moment donné doit traverser son propre désert, se rendre compte que derrière ce qu'il peut cruellement nous manquer, prendre suffisamment de hauteur pour apercevoir celles et ceux qui sont restés, parce que nos pas dans ce désert nous a beaucoup trop éloignés.

Il y a peut-être une raison derrière les mots noircis ou de garder une part d'ombre, peut-être être ce bonhomme sombre visible à l'horizon, le point cardinal pour guider le chemin du retour.

Il est possible de se faire pardonner ses silences, quand il y a cette volonté de les expliquer et de chercher à s'en amender.

Même si parfois on peut avoir le sentiment de s'être trop longtemps éloigné, que l'on ne sait pas toujours comment revenir ou se manifester. Les choses auront forcément changé, mais qui n'essaie pas ne le saura jamais. Et même si le peu il doit rester, il n'y aura personne à blâmer. Il faudra composer avec les regrets, mais la vie est aussi ainsi faite. Ce n'est pas la quantité qui fait la richesse, c'est la qualité qu'il nous sera donné de pouvoir réaliser. Et s'il était l'heure de rentrer ?

Peu importe la couleur que tu souhaites donner à l'herbe, elle peut s'illuminer de mille et une manières. As-tu envie de voir aussi ces plaines d'herbes bleues ou d'une autre couleur, agitées par le vent, dessinant par métaphores nos anciens sentiments.

Tu disais toujours qu'il y avait quelque chose dans mon regard à chaque fois que je racontais l'une de mes histoires. Que vivants pouvaient être mes mots, l'impression de les vivre à nouveau. Alors rappelle-toi ma voix, ferme les yeux et n'aies aucune crainte. Ecoute le vent, ce chant lointain d'océan, comme avant. Ferme les yeux mon vieux frère, lâche prise et laisse-toi attirer par ce paisible sommeil, tu l'as amplement mérité. Il va me falloir un peu de silence, pour le réaliser, pour aussi me rappeler, mais nous ne nous sommes jamais vraiment quittés. Rendez-vous est pris, nous nous retrouverons dans une prochaine vie, qu'il en soit ainsi. Je m'en retournerai bientôt, là où tout a commencé, sur nos terres d'éternité. Ecoute ma voix, je suis et serai toujours là...

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