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Bulle de mots le blog de bibun

Lettre d'automne

22 Septembre 2015, 19:12pm

Publié par bibun

Je t'écris cette lettre d'automne
Qui se soulève et tourbillonne
Peu à peu le temps la chiffonne
Se meurt la pensée de cette personne

Lettre à une adresse inconnue
T'est t-elle juste parvenue ?
Des mots qui resteront méconnus
Si seulement, pourrais-tu...

Une lettre égarée dans le temps
Espérer, mais jusqu'à quand ?
Le vide est tellement blessant
Et le silence si assourdissant

Des bagages bientôt prêts
Quelques affaires à ranger
Une dernière lettre attristée
Ne plus avoir de raisons de rester

Rendre à la vie son hasard
Arriverons-nous à nous revoir
Raccommoder une vieille histoire
Peut-être un jour, peut-être un soir

Je t'écris ma dernière lettre d'automne
Qui doucement se soulève et tourbillonne
Brouillonne, peu à peu le temps la chiffonne
Les pensées se meurent quand il n'y a plus cette personne

Lettre d'automne

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Ces tranches de vie

22 Septembre 2015, 09:11am

Publié par bibun

Ces tranches de vie

Se rappeler certaines tranches de vie
Ce manège dans la mémoire qui donne le tournis
Le pire ombrage bien souvent les instants bénis
Ces brûlures au fer rouge qui nous ont meurtri

Papillon de nuit attiré par la lumière
Virevoltant autour de ce réverbère
A la fois fascinante et si éphémère
Mourant aux premières lueurs de l'astre solaire

On peut mordre la poussière
La face couchée par terre
N'avoir rien pu y faire
Tombe vide dans le cimetière

Quelle est cette musique au fond du couloir ?
Le klaxon tonitruant d'un corbillard
Des yeux clos sur un visage blafard
S'écoute les condoléances des salopards

Violence subliminale
Puis, le choc frontal
Mots au pouvoir létal
Issue parfois fatale

Regarder s'effondrer les dominos
inimaginables dommages collatéraux
La tempête révèle le portrait des loyaux
De ceux qui te maintiennent la tête sous l'eau

Peu importe que l'on ne soit responsable de rien
Il faut quand même alimenter les potins
C'est mieux quand il y a du sang sur les mains
Ça choque moins de haïr que d'aimer son prochain

En soi, il y a ce code génétique primal
Exprimer soudainement son côté bestial
Frénésie par la fièvre de la rage animale
Devenir proie sous le joug de la cabale

Certaines tranches de vie
Des événements sans merci
Ces récoltes que l'on subit
Ce terrible prix d'avoir été trahi

On peut rester impuissant devant l'adversité
Tapis de cendre d'une vie entièrement brûlée
C'est dans le néant que l'espoir peut ressusciter
Car plus rien n'aura la possibilité d'être enlevé

On apprend continuellement de ses déboires
Comprendre la définition des sens contradictoires
Pourront se conter alors d’innombrables histoires
D'un papillon de nuit survivant au-delà du soir

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Vent d'ange

12 Septembre 2015, 08:30am

Publié par bibun

Vent d'ange

Ce fut un si bel été
Emporté par les festivités
Tellement de rires ensoleillés
Jusqu'aux vendanges inachevées

Depuis que tu
Souvenirs suspendus
Le temps continue
Face à l'imprévu

Vivre l'enfer
Une route solitaire
Autant se taire
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Quand tout se dit
S'écoute la calomnie
Comme se propage l'incendie
Avoir le cœur meurtri

Trouver un sens
A l'absence
Aux ignorances
C'est le silence

Si vaste enfer
Aride et désert
Dans lequel on se perd
Marche si familière

Rien ne s'oublie jamais
Comme une présence à mes côtés
Un vent d'ange a soufflé
Un peu de toi à me rappeler

Des vendanges à présent achevées
Rideau de feuilles clôturant l'été
Un vent d'ange sur un ciel chargé
Une ondée dans les yeux attristés

Sécheresse de l'enfer
Nulle pluie dans le désert
Une traversée solitaire
Apprendre à s'y faire

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N'y pensons pas...

8 Septembre 2015, 19:49pm

Publié par bibun

N'y pensons pas...

Ne pensons pas à demain
Aux premières lueurs du matin
Comme on ouvre un écrin
La rosée amplifie les parfums

Ne pensons pas à jeudi
Soyons ensemble aujourd'hui
Nos souvenirs et nos envies
L'improvisation est un art de vie

C'est seulement ce moment
A la fois exquis et enivrant
Ne courons pas après le temps
Il sera perdu forcément

Ne pensons pas à plus tard
Profitons juste de ce soir
A éclairer nos mémoires
De nos pertes ou nos victoires

Ne pensons pas à l'autre été
Celui-ci n'est pas terminé
Que s'exprime la spontanéité
Le seul désir de se révéler

C'est en cet instant
Être conteur et écoutant
De nos mots aux multiples sentiments
C'est comme ça qu'on se connait vraiment

Ne pensons pas être en retard
Tout se vit tôt ou tard
Nos chutes et nos précieux espoirs
Dans chaque lettre qui composent nos histoires

Tu vois, on distingue déjà le matin
Hier a pu cultiver son demain
Laissons se présenter à nous le destin
Vivons, aimons et surtout ne précipitons rien

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Sombre éveillé

7 Septembre 2015, 09:06am

Publié par bibun

Chapitre 5 de Gemeaux, signe obscur.
Chapitre 5 de Gemeaux, signe obscur.

La confiance est toute relative, même certainement une chimère. Quelque chose qu'on idéalise, un souhait idyllique, dans un monde surexcité et complexe.
La confiance n'est qu'un leurre, une poudre aux yeux pour éviter de voir ce que l'on a pas envie de regarder.
L'amour est-il aveugle ou préférons-nous seulement conserver les yeux clos. On accorde parfois sa confiance à tort pour certains, à raison pour d'autres, mais n'est-ce tout simplement pas un mot que l'on aurait galvaudé ? Qui peut prétendre connaître parfaitement quelqu'un, avec la certitude de se connaître soi-même ?
A ces questions, y a t-il vraiment des réponses sur lesquelles on veuille s’épancher ? Sommes nous certain de nos pensées, de ce que l'on souhaiterait, de qui on voudrait être aux yeux des autres. Qui pourrait affirmer sur ce qu'il y a de plus sacré n'avoir jamais nuis d'une quelconque manière à autrui, par colère, par jalousie, erreur, vengeance... de vouloir punir à hauteur de ce qui a pu être enduré. Cet hôte funeste qui murmure parfois à nos oreilles, qui exacerbe nos émotions, nous poussant à l'attaque, à la défense ou à la riposte. Poussez quelqu'un dans ses retranchements ou mettez le dos au mur en lui enlevant et anéantissant tous ses espoirs, alors la confiance se lézarde, puis vole en éclat.
Quand le néant s'installe, étouffant toute lumière, asphyxiant les rêves et que le chaos détruise l'essence même de la vie qu'on a pu mettre tant de cœur à bâtir.
Lorsqu'il n'y a plus d'échappatoire, on s'abandonne alors à son hôte funeste, par des actes auxquels on n'aurait jamais pu songer, voire même imaginer auparavant. On prend alors des routes non plus par choix, mais par nécessité.
Une fois le néant évaporé, que la foudre se soit épuisée, ne reste plus qu'à balayer du regard un paysage dévasté, où la confiance c'est vue calcinée, jonchant sur le sol d'un champs de ruine. On ne mesure pas toujours les conséquences de la chute des dominos Parfois on peut être simplement dans son sillage, un dommage collatéral, une pièce écroulée parmi d'autres. C'est toujours dans les heures les plus sombres que se révèle le plus la confiance, de prendre conscience de la vérité que l'on a jamais voulu voir, l'absence des personnes en qui on pouvait avoir le plus confiance.
La vie n'a jamais été une question de confiance, car elle ne peut rivaliser face à la subsistance.
Or, ce sont dans ces situations, lorsque l'on marche dans les décombres, qu'il n'y a plus de confiance, que l'on distingue nettement l'essentiel. Ce n'est ni l'espoir, ni le déni, ni la colère, ni la solitude... seulement l'horizon où verdoie les terres d'éternité... visibles que par la seule conviction.

Pour comprendre un début, il faut parfois commencer par la fin et la fin trouve également ses réponses dans le commencement. Alors le début de chaque histoire peut trouver naissance par une finalité, afin d'en écrire une nouvelle. L'infini est irrémédiablement la clef de ce que nous connaissons ainsi que de ce que nous ignorons encore. Mais le néant fait tellement peur, que personne ne veut regarder à l'intérieur, car l'ignorance n'ébranle pas la confiance. Et qui souhaiterait mettre à mal les certitudes de nos existences ? Porter le fardeau des vérités.

Un petit avant goût du cinquième chapitre de Gemeaux, signe obscur

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