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Bulle de mots le blog de bibun

Un seul pluriel

6 Novembre 2014, 20:31pm

Publié par bibun

Saurais-tu encore vraiment me voir
On juge bien trop souvent avec le regard
Se couchent toujours des mots emplis d'espoir
Chacune de ces nuits où je veille si tard

Les solitudes qui un jour se meurent
A cet endroit et nulle part ailleurs
Mémoire qui n'effacera jamais cette heure
Attirance des cœurs et lèvres qui s'effleurent

Dans tes yeux cette part belle de moi
Émotions qui se murmurent tout bas
Réconfort qui doucement nous bercera
S'endormir au creux de chacun de nos bras

Dis-moi encore que tu...
Ces mots qui se sont perdus
Ce toi, ce tout qui a disparu
Quand me reviendras-tu ?

Attendre un je ne sais quoi
Que ressuscite une nouvelle fois
Cette flamme qui naquit autrefois
Celle qui chassa nos grands froids

Peu importe le il ou le elle
De notre île à tire d'aile
La raison du fût-il ou fût-elle
Le devenir d'un seul pluriel

Les amours qui un jour se meurent
A cet endroit et nulle part ailleurs
Mémoire qui n'effacera jamais cette heure
Les lèvres scellées par la douleur d'un cœur

Un seul pluriel

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Marchand de mort

31 Octobre 2014, 09:39am

Publié par bibun

Soutenir un regard fatigué, apeuré, avant de s'apaiser lorsque toute lutte devient vaine, où l'esprit cherche à s'abreuver de paix. Sentir cette main dans la sienne, bien trop fragile, la force semble s'en échapper, puis qui finit par tomber, une vie que le temps a préféré abréger. Le marchand de mort est simplement passé, déposant des cendres sur les paupières, pour les clore à jamais.

Savoir distinguer les mauvais augures de mort, où l'air devient suffocant et dans lequel virevoltent ces plumes de corbeaux noirs. Ces coups de fil aux longs soupirs, ces mots qui ne parviennent pas à trouver leur place ou ces regards qui se veulent si fuyant. Atmosphère lourde qui pue la mort.

Chacun sa façon de porter le deuil, préférer seulement le silence, que partager sa peine ou de supporter ces sempiternelles paroles de circonstances qui s'imposent forcément, sans conviction bien souvent.

Las de ces parfums de chrysanthèmes. Las de ces quais où s'éloignent les trains qui ne reviendront jamais. Las de veiller pour ranger cette vieille malle de souvenirs et d'objets.

Il y a un temps pour tout, lorsque l'annonce est accueillie, celui de la cérémonie, quand se dépose les draperies, que tombe les pétales de ces fleurs anciennement fleuries, puis tout ce silence qui s'en suit. Devoir enterrer nos défunts au sens propre mais aussi au figuré, comme s'ils n'avaient plus de raison d'exister. Taire leur nom une fois dans leur boîte bien scellée et qu'aucune planche n'en soit soulevée, des histoires qu'on abandonne au passé. Serait-il malsain d'évoquer nos êtres aimés ? Pas forcément tomber dans l'excès, entretenir un chagrin désespéré, ni le manque exacerbé, car ça c'est l'intimité que je garde secret. Mais plutôt entretenir ces souvenirs qui ensoleillent ma gueule déprimée. Et que perdure dans le présent, encore un peu plus notre passé, nos liens sacrés.

Parler de nos défunts, c'est comme si on racontait une histoire effrayante, où le silence parviendrait à conjurer le mauvais sort de la vie. Sauf que la vie offre, elle ne promet rien, c'est à toi d'en tirer le meilleur. Ne pas vivre dans la perpétuelle angoisse du pire, parce que la vie est également chienne. Elle te conduit sur un chemin sans aucune promesse, sur lequel tu peux croiser à maintes reprises le marchand de mort avec son petit sac de cendres. Pour moi ? Pour quelqu'un que tu aimes ? Le silence n'empêche rien. Les mauvais choses arrivent parfois. Il n'y a pas obligatoirement de coupable, c'est injuste et de taire n'y changera absolument rien. Fatalité, colère ou peine, comme si elle en avait quelque chose à foutre. La vie t'offre et te reprend. De toute façon j'emmerde la mort. Je ne vis pas dans la peur, j'ai franchi le cap. Je n'attends pas non plus que sonne l'heure, je vis, je cours, je crie dans le brouillard et je tournoie vite, toujours plus vite. Je tournoie pour que ce putain de brouillard ce dissipe et fasse tomber les plumes des corbeaux noirs.

Je la provoque, je la défie aussi parfois, parce qu'elle ne m'effraie pas. J'emmerde la mort. Je continue, je ris, je cours, je raconte mes histoires, d'autant plus celles de ceux qui me manquent, endormis je ne sais où dans un autre quelque part.

C'est mon heure ? Laisse-moi rire, je t'emmerde la mort !

Marchand de mort

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Point de vulgarité

17 Octobre 2014, 09:42am

Publié par bibun

Dresser le couvert pour un grand dîner de cons
Flopées de convives pétant plus haut que leur croupion
Victuailles fades sans second degré ni auto-dérision
Juste pour le plaisir de s'empiffrer de réprobation

D'une apparence propre où se cache une culotte sale
Odeur tenace de chacune de leur diarrhée verbale
Florilège de piques à inscrire dans les annales
Les conneries s'accouchent sans besoin de péridurale

On peut toujours présenter un doigt ou préférer la collision
Mais l'importance accordée finira par leur donner raison
Les dialogues de sourds ne peuvent nourrir les conversations
Puisque de toute façon, de part et d'autre chacun y verra un con

Il vaut mieux préférer le choix de la qualité à la quantité
La simplicité est bien plus apaisante que la complexité
Partager de bonnes énergies plutôt que des majeurs levés
La vie est bien trop courte pour se laisser emmerder

Que nenni ! Ne pas y voir de vulgarité
Il n'y a point là de faute de français
La prose a cette incroyable agilité
D'adoucir les mots, même la trivialité

Point de vulgarité

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C'est ensemble que s'écrit

15 Octobre 2014, 09:18am

Publié par bibun

On avance et on s'éloigne trop parfois
Jusqu'au moment où s'imposent des choix
Résonne toujours éclats de rires et échos de voix
Album de souvenirs que l'on feuillète quelquefois

Ensemble se conjure le malheur
Les délires et les peines se pleurent
On partage nos douleurs et nos bonheurs
Mais on en retire surtout le meilleur

Rien ne s'oublie
Nos séquences de vie
Ce n'est pas pour autant fini
C'est juste un temps indéfini

Il y a des pensées avec lesquelles on s'endort
Chacun de ces lieux que l'on se remémore
De Tyrosse, Bayonne, Salies ou Hossegor
Toi, moi, nous, vous qui perdure encore

Ne s'efface jamais les empreintes de nos pas
S'imagine encore les visages ainsi que les endroits
Tout ce qui fut vous, nous, toi et un peu de moi
A quand l'heure de la prochaine fois ?

Rien ne s'oublie
Nos séquences de vie
Ce n'est pas pour autant fini
C'est juste un temps indéfini

Ce qui nous distingue, bien souvent nous réunis
Lien que le temps tisse, qui enlace et unit
Les mêmes plaisirs en deviennent simplement exquis
C'est ensemble que s'écrit nos grands moments de vie

C'est ensemble que s'écrit

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Le choix des mots

26 Septembre 2014, 07:16am

Publié par bibun

De grandes batailles purent se triompher par des paroles
Idéaux passionnés qui ne parvinrent à suivre le protocole
Combats pacifiques devenus aujourd'hui des symboles
De petits hommes face aux grands perçus comme des idoles

Sans armes, sans blindés ou même de sang versé
Mitraille de mots projetés avec l'élan de l'humilité
Des vérités qui conduisent parfois à nous rendre prisonnier
Les convictions que même les geôles ne réussissent à ébranler

On peut céder à la barbarie ou exprimer bien haut ses émois
Tenter de pacifier toute hostilité par le simple son d'une voix
Teintes les échos de vie de Martin Lutherking ou Nelson Mandela
Où l'intolérance arrive à se vaincre grâce à la foi d'un Dalaï Lama

Déposer des fleurs aux pétales de lettres dans le canon des fusils
Résistances menées avec de nobles discours ou des proses de poésie
Le Mahatma Gandhi a préféré cette tradition en valeur de vie
Elle se perpétue encore au travers les sourires d'Aung San Suukyi

Des discours qui résonnent toujours dans les mémoires
Ceux là même qui se déposent dans les livres d'histoire
Mots au vent avec la quintessence de tous ses espoirs
Vouloir changer le monde par la seule volonté d'y croire

Le choix des mots

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